Une longue journée…
26 mars 2008 à 17:17 par MichelEt voilà, quatre entretiens de torchés… Enfin, de torchés… Ça n’a pas non plus été sans peine.
Même en réussissant, à grouper l’ensemble des entretiens dans l’ouest de Paris, j’ai pas mal galopé. Lever à 6h du mat’, violent, mais — chose surprenante — pas de mal, pas de stress et de bonne humeur. Bon déjà, c’est louche, pour ceux qui me connaissant : bonne humeur et réveil ne vont pas de paire en ce qui me concerne.
J’avais tout bien préparé grâce à RATP.fr, un petit plan fait maison avec les noms des GR (Gentils Recruteurs), des entreprises, des correspondances, des lignes de bus, de Metro. Il me manquait plus que les points wifi entre chaque entreprise et puis, il faut l’avouer, un minimum de préparation pour les entretiens du style : ce que j’ai à dire et “c’est quoi vot’ boîte ?”
Première difficulté : le RER. Dans ma vie, j’ai deux phobies : serrer des mains en ayant la main moite en ne pouvant rien y faire et les feuilles de salaire.
Et oui, ça peut vous paraître stupide, mais moi je ne comprends jamais rien aux feuilles de salaire. Alors les gens me disent toujours: “Mais siiiiiiii c’est hypeeer simple, tu prends ce qu’il y a en bas, tu soustrais, tu retires, tu retraites, tu cotises, tu truc, blabla”.
Nan, désolé, c’est trop compliqué.
Moi qu’on me retire des sous, je m’en tape, mais qu’on me mettre plein de chiffres compliqués pour pas que je comprenne, ça me vexe. De plus, vexer avec des chiffres un mec qui a fait Math Sup, c’est dangereux. Bon je ne suis pas une référence, non plus, étant une bouse lamentable en calcul mental. Mais quand même, c’est de la provoc’.
Tout ça pour dire, j’aime pas les feuilles de salaires. Mais j’ai trouvé plus vicieux : les zones tarifaires du RER. Feuilles de salaires, zones tarifaires : même combat : tu comprends pas et tu craches. Je me suis donc retrouvé, tout penaud, à frauder derrière une mamie parce que je ne pouvais plus sortir avec mon ticket à la défense pour une sombre histoire de zone 3. Saloperie…
Après deux entretiens relativement satisfaisants malgré quelques bêtises du genre : “Moi, ça m’est égal de travailler dans tel ou tel domaine, puisqu’il y a de l’informatique partout” et “Moi, je veux travailler dans l’informatrique” (sans faute de frappe et c’est véridique), je me suis ravitaillé dans un charmant restaurant tranquille et pas cher dans le 16e…
Tout semblait tendre vers un après-midi serein quoique rempli. J’avais tort. Quelques secondes, d’inattention et le drame survint.
Que je vous résume les épisodes précédents : comme vous le savez (si vous avez un peu suivi mon blog) je suis incapable de choisir mes vêtements. On pourrait s’étaler sur les raisons de cette lacune, mais, trivialement, ça se résumerait à la présence de deux glandes masculines et un mauvais goût généralisé (J’ai bon espoir concernant tout cela, je pense pouvoir arriver à combler tout ça par un élément de type féminin). J’ai donc profité de mon escapade mancelle et de l’oubli infortuné d’une cravate pour compléter ma garde-robe professionnelle. À grand renfort d’œstrogènes et de mes sœurs, j’ai opté (on m’a imposé) l’achat d’une cravate rose et de la chemise (rose aussi) qui va avec. Je vous arrête tout de suite, je n’ai absolument rien contre le rose et les gens qui porte du rose en général (j’avais un grand respect pour Barbie étant jeune bien que je l’écartelai souvent). Par contre j’avais déjà plus de doute quant à l’alliance Michel (moi) et le rose (cravate + chemise).
Bon apparemment, c’était tolérable.
Mais revenons au drame : je mangeais tranquillement mes grosses tagliatelles aux aubergines (oui, je mange des légumes… parfois) arrosées généreusement de parmesan. Au détour d’un coup de fourchette, je vexai une nouille. Sûrement délaissée par le Parmesan et le sel, celle-ci se vengeât en bondissant hors de mon assiette, effectua plusieurs tours sur elle-même ce qui eut pour effet de projeter de fines particules de tomate sur le rose saumoné de ma délicieuse cravate (la force centrifuge, les enfants) avant de mourir sur la nappe. (On conclut à un suicide)
Horreur : le bord droit de ma cravate était souillé. Que dis-je : mon passeport pour la vie professionnelle était dénaturé par le rouge vif. Le pénis de mon costume était désormais entaché de la preuve formelle que je ne savais pas manger correctement.
Rapide coup d’œil dans la salle : une gamine a aperçu au loin la scène et devine ma détresse de son regard d’enfant. Un sourire métallique s’esquisse et pouffa. “Va rouiller des dents”, pensais-je en tentant d’égaliser le rouge et le rose avec un vieux kleenex.
Appel de détresse et message désespéré sur le répondeur de ma sœur. Je me résigne à continuer l’aventure sans cravate. “Je suis fini”, “Ils vont rire de moi”, pensais-je.
Je commençais à élaborer des excuses pour justifier le manque de cravate en cas de question : “On m’a bousculé au restaurant”, “mon cou est claustrophobe”, “la soie m’irrite”, “j’ai un ami qui est mort à cause d’une cravate, depuis j’ai peur”… Bref, la peur prenait le dessus et j’avançais lentement vers ma prochaine exécution…
Finalement, ça c’est très bien passé, cravate ou pas cravate on s’en tape. Et franchement, le prochain qui me dit : “mets une cravate ou jarte”… heu, je ne sais pas quoi lui répondre honnêtement, mais d’ici là j’aurais trouvé un truc à dire d’intelligent.
En résumé, tout c’est bien passé, il faut juste que je retrouve un instant pour repasser sur Paris afin de donner suite à cette première vague d’entretiens. Entre temps, je recherche d’autre part un chimiste, ou un chirurgien pour sauver, Joséphine, la cravate rose.
Par contre, la montée vers le Nord, ça fait mal thermiquement.
Tags : entretiens, paris, ssii
26 mars 2008 à 17:53
Avez-vous déjà vu des tagliatelles qui s’évadent?
26 mars 2008 à 22:36
J’ai un ami qui est mort à cause d’une cravate aurait pu passer trankilou !
Moi je me suis collé une serie d’entretien “sans cravate” j’ai tenté le tout pour le tout et c’est plutot bien passé. Bon, il faut dire que j’ai commencé par des entretiens téléphoniques en calbute-salon donc ca aide à se sentir à l’aise.
En revanche mon grand stress moi c’est justement lié au stress … ca fait perler la sueurs sous les doigts (mains moittes) mais aussi sous les bras ! Et la c’est le drame je me sens obliger de garder ma veste de costard même si il faut 35 pour eviter de découvrir les oreoles de 90 cm qui s’etendent de l’épaule aux genoux (ca dépend du stress de l’entretien hein). Enfin chacun ses paniques entretiennifiques.
@Alexis: Essaie de manger des tagliatelles avec des baguettes tu verras c’est prison break ! Quoique tu es un expert maintenant
27 mars 2008 à 0:33
T’as pas idée des types de nouilles que j’arrive à manger avec des baguettes…
27 mars 2008 à 6:23
Et alors Michel, t’as pas mis de serviette autour du cou ? Et puis torcher, ca prend pas de r a la fin, c’est un é. Et puis moi aussi j’ai peur des RER, une mauvaise expérience et voila. Quoique maintenant j’y arrive bien quand meme…
27 mars 2008 à 6:24
Je dirais meme -és.
27 mars 2008 à 8:38
@ Alexis : Bien joué, Michel !
@Quems : Je comprends, si tu savais comme je te comprends.
@David : Mais je suis d’accord avec toi ! Mais Word était le plus fort quand j’ai écrit ce post dans le train avec les yeux qui dormaient. Quant au RER, parle, ce lieu est un havre de paix et nous écouterons tous tes traumas sans juger.
@Alexis : Ravioli, baguette ?
27 mars 2008 à 9:41
Mitch, alors d’abord avouer que t’écris avec Word est assez intolérable à mes yeux !!! lol
Cela dit tu vas bosser chez qui, dans quoi (à peu près, à peu près…) ?
27 mars 2008 à 9:45
“Ravioli, baguette ?” ?
27 mars 2008 à 9:49
@ François : oh il y a pire, il pourrait écrire avec un word prévu pour PPC sur un intel. Il y en a qui le font. Je balancerai personne…
27 mars 2008 à 14:03
@François : non, je tape sous Textmate et je corrige sous Word (pour la grammaire). Pour l’instant rien de définitif, c’était un premier tour pour me roder un peu. J’ai vu des gros (Alten), des moyens (TRSB, Beijaflore) et des petits (D2-SI)
@Alexis : Ça glisse, un ravioli non ?