Moi je fais la vaisselle
22 septembre 2007 à 20:10 par MichelAujourd’hui nous avons été productifs Cédric et moi : on a fait le ménage. Hier, nous sommes rentrés du match France-Irlande en nous disant que la cuisine avec une drôle d’odeur.
Après un bref état de lieux, nous avons décidé qu’il était tant de cesser le concours de vaisselle non faite ainsi que la construction d’une tour d’une soixante de centimètres avec les poubelles. Je me suis donc attelé à la vaisselle puisque j’en étais responsable pour environ 50%. 5% pour Dichon et un bon 65% pour notre ami tchèque. Oui, je sais ça fait plus de 100%, mais quand je soulevais les assiettes j’en trouvai encore plus.
Faire plus d’une semaine de vaisselle en retard, permet une rétrospective alimentaire de la semaine passée. C’est important et agréable. J’aime à me remémorer ce que j’ai mangé durant la semaine.
Ensuite on s’est attaqué à la colline — que dis-je — la dune, la montagne de poubelle. Au début était le sac. Le sac de base, couleur vert plastique fièrement introduit dans son seau un peu étroit. Une fois le sac repu, nous avons alloué un autre sac tout aussi vert à ces côtés. Un peu de compagnie ne fait jamais de mal. Ainsi, quand ces deux sacs furent remplis nous avons décidé d’exploiter la surface mise à notre disposition. Autant il est dangereux d’empiler sur un seul sac, autant sur deux, c’est déjà plus faisable.
Au final, on ne distinguait plus vraiment le saut originel et nous faisions face à un amoncellement. Tout allait pour le mieux, jusqu’à ce que Martin (en fait, il s’appelle Markin, mais il veut qu’on l’appelle Martin) mange des crevettes. Ce qu’il faut savoir à propos de Martin c’est qu’il mange des trucs un peu chelous des fois. Les crevettes, ce n’est pas chelou, mais ça pue. Surtout quand on les laisse dans un charmant sac en plastique trônant fièrement sur le sommet de la tour. Oui, parce que Martin mange, mais Martin mange à moitié. Donc : il balance plein de bouffe.
Ainsi, hier soir ça puait grave la mort (et la crevette) dans la cuisine. Alors, on s’est dit qu’il fallait bien laver un jour le sol de l’appart puisque ça faisait bientôt un mois qu’on en parlait. Nous n’avions pas idée de la difficulté technique de la chose. En effet, nous avons décidé d’aborder la chose comme un travail d’équipe (on était deux). Et le succès du travail d’équipe passe par la communication. Nous utilisons le même langage, le succès était à notre portée.
Naïfs nous étions, nous utilisons effectivement la même langue, mais pas les mêmes termes. L’équipe que nous formions allait bientôt le découvrir avec un drame sans précédent dans l’histoire de l’appartement 046 du Timpurinkuja 1 C à Espoo.
Dichon (Cédric) avait besoin d’une serpillière pour nettoyer le sol de la cuisine. Moi, j’étais à quatre pattes dans la douche, en train de laver le sol. Depuis que je suis en Finlande, une pensée me venait à l’esprit à chaque fois que je rentrais dans la douche : “C’est quoi, ces tâches couleur rouille dégueu ?” Je ne sais toujours pas, mais vu que c’était un peu gluant, j’ai préféré m’en séparer. Bref, dialogue :
Dichon : “Dis-moi tu as mis où ton torchon ? Tu ne viens pas d’en chercher un propre ?”
Moi : “Heu, un torchon, pourquoi faire ?”
Dichon : “Pour laver le sol, saperlipopette” (Bon ok, il n’a pas dit saperlipopette, mais bon.)
Moi : “C’est mort, tu ne laves pas le sol avec mon torchon que ma maman m’a offert.”
Dichon : “Bah, tu es gentil : je le lave avec quoi, moi ?”
Moi : “Il y a une serpillière dans le placard.”
Dichon : “Quoi ?”
Je sors la tête de la douche
Moi : “Moi dire toi : serpillière dans placard”
Dichon : “C’est quoi une serpillière ?”
OK, c’est encore un mot que les Belges ne daignent pas utiliser : je suis encore bon pour une définition technique
Moi : “Bah, quand tu as besoin de laver un machin, c’est le truc que tu mets au bout du gros balai que tu trempes dans un bazar pour laver le bidule.”
Dichon : “Un torchon, quoi…”
Moi : “Oui, mais un torchon, c’est pour essuyer la vaisselle !”
Dichon : “Ah non, ça c’est un essui de vaisselle ”
Moi : “Je croyais que c’était un essui une serviette”
Dichon : “Oui, mais on a aussi essui de vaisselle”
Moi : “Ah.”
Dichon : “Il y a aussi l’essui de plage…”
Moi : “C’est moche…”
Dichon : “Par contre pour la table, c’est une serviette”
Je crois que je ne suis pas à la fin de mes découvertes. Enfin, le principal c’est que maintenant le sol est propre, les poubelles ont une taille réduite et acceptable. Et on est content. En plus, on a battu les Irlandais donc c’est bien. On a d’ailleurs regardé le match au centre culturel français sur TV5 Monde. Je crois qu’on a eu affaire au meilleur commentateur ever. Tout de suite des extraits :
Ah, ils sont chauds ! Chaud comme des barbecues ! Chaud comme des réchauds !
Touche française… Encore rattrapé par Bonnaire le roi des airs !
En parlant d’un irlandais : Alors lui, c’est le roi de la bière
Bref un grand moment de motion.
Tags : anecdote, belge, cedric, martin, nettoyage, rugby
23 septembre 2007 à 5:15
Vous utilisiez la même langue pour nettoyer l’appart’??? Vous êtes bizarre en Finlande… Faîtes comme en Chine, attendez le Typhon, ça décape!
27 septembre 2007 à 17:10
et les Belges ont aussi des essuis de nez ?
1 octobre 2007 à 23:41
“Ah mais moi je ne sens rien…”
“Aaaaaaaaaaaaaah…”
— Le Cerveau
22 octobre 2007 à 17:39
ça me fait étrangement penser (alors que le sujet de base n’est pas celui ci) qu’en cours j’ai un exposé à faire sur “norme et usages de la langue française”. c’est drôle de voir à quel point le français est utilisé différemment d’un pays, voire même d’une région à l’autre.
c’était ma parenthèse réflexion, pardon.