Laponie : Le Départ
7 décembre 2007 à 17:43 par MichelJeudi 29 Novembre, le soir
18h15 : Les préparatifs sont tardifs. À peine revenu de la fac, j’enchaîne sur mon sac de voyage. Depuis une excursion à Porvoo je ne peux plus utiliser mon magnifique sac vert violet car il est, parait-il, beaucoup trop laid. J’emprunte un gros sac de sport à Dichon. Il faut que je case ma couette, mes vêtements et le plus important : James avec son disque dur et un kit d’enceintes pour pouvoir regarder des films quand il fera nuit en Laponie.
19h30 : Un détour par l’appart de Jean-François pour lui emprunter des patins à glace qui traînent chez lui. Ils étaient censés être grands. Finalement c’est du 43 et probablement les patins à glace les plus moches que j’ai jamais vu ! Un concentré des années 80. À eux seuls ils résument ce que pouvait être le design à cette période. Mais les trucs kitsch ne sont-ils pas les plus classes ? De toute façon je ne rentre pas dedans, j’arrive même pas à rentrer mes orteils dedans : c’est mort. Dommage, il y avait quand même marqué NHL dessus, groovy.
20h00 : On avale en vitesse un mega-ateria à Hesburger dans la gare, fait quelques courses et l’on file vers le quai. On a l’air malin avec tout notre bazar : j’ai trois sacs plein de trucs inutiles, et je suis en mode double-tortue avec un sac à dos derrière et devant, pas pratique puisque le sac de devant tombe toujours.
20h15 : On monte dans le train. Un train plutôt normal avec un petit plus : la radio dans les accoudoirs, comme dans les avions ! Bon par contre là ils ne fournissent pas les écouteurs. Mais j’avais emporté mon mp3 donc j’ai pu jouir (car c’est le mot) de cinq radios finnoise. Alors programme :
- Channel 1 : classique, sympathique. L’avantage c’est que le classique finnois tu peux le comprendre
- Channel 2 : une chaîne qui retransmet un événement sportif. Genre sport collectif. D’après les bruits, c’est du Hockey, mais le reste je ne comprends rien.
- Channel 3 : classique, c’est en fait le même channel, ah les rascals !
- Channel 4 : du hard rock finnois. Déjà du classique au hard rock, ça surprend, mais alors du classique au hard rock finnois ça devient vraiment violent !
- Channel 5 : de la disco avec un synthétiseur pourri
Il y a plein de télés au plafond. Et il nous passe en boucle des vidéos pour montrer comment on utilise les consignes, comment on fait chauffer un biberon, comment on change les couches de bébé, comment on utilise les toilettes etc. Bref, ils m’ont l’air assisté.
Par contre c’est génial, on a la vitesse en temps réel : je peux donc vous dire qu’à 20h29 on allait à 154km/h.
Bon gros défaut : pas de Wifi dans le train et peu de prises électriques dans le wagon. Je suis deçu, je les sentais pourtant vachement technologiques. Par contre — grosse innovation — il y a une cabine pour téléphoner avec une petite lumière rouge qui indique quand quelqu’un téléphone. C’est pas beautiful ça !
20h34 : Premier contrôle. Il est petit, il est vieux, il a une grosse moustache. Pour peu, il serait français. En tout cas il a l’air heureux comme un contrôleur français.

20h37 : Dichon me prend en photo, ça le fait rire de me voir taper dans le train. Les autres mangent et/ou jouent aux cartes.
20h50 : L’hallu totale : à cinq mètres de moi il y a un finnois avec un powerbook qui installe Léopard ! C’est pas génial ça ? Peut-être que je vais lui taper la discut’. En même temps Mac OS en finnois, ça ressemble à rien.
22h20 : On change de train à Tampere et là on retrouve plein de gens que l’on connaît ! Une bonne moitié du train au moins ! En fait, plein de gens sont parti en voyage organisé avec l’ESN, mais nous on est intrépide, on part tout seul.
22h30 : Il y a un bazar monstre dans le train. L’inconvénient d’être un groupe d’étrangers dans le train c’est qu’on parle systématiquement plus fort. On découvre une nouvelle caractéristique des finnois : ils sont très tatillons quant à leur numéro de place et leur réservation. Même s’il y a plein de sièges libres autour, ils veulent le leur. Si ce n’est pas dérangeant au début du voyage ça le sera plus vers 2-3h du mat.
1h10 : Impossible de dormir dans le train, un français braille, une finnoise ronfle, un finnois grommelle. Je crois que je ne suis pas fait pour dormir autre part que dans un lit. Avec mon modeste mètre quatre-vingt, je m’encastre difficilement sur deux sièges et cherche une position plus ou moins confortable. Pour s’endormir, c’est simple : il faut être suffisamment fatigué et trouver une position dans laquelle on s’endort plus qu’on ne commence à avoir mal. Si on commence à avoir mal, c’est mort, il faut recommencer. Plus bonus : attendre l’arrêt à une gare pour pouvoir profiter du silence (relatif) et de l’arrêt du train.
4h et des brouettes : Je crois que j’ai quand même réussi à sombrer quelques instants. Je le sais car je suis sur des skis en train de dévaler tranquillement (mais avec classe) une piste. À ce moment, sur le bord de la piste, un finnois me regarde paisiblement mais avec insistance. Je m’approche en dérapage complètement contrôlé (c’est un rêve, je rappelle) et je l’entends me dire quelque chose : “Dans tes skis, dans tes skis !”
Là j’avoue, je ne comprends pas trop, mes pieds sont là avec les chaussures autour et les skis en dessous donc pas de soucis.
“Dans tes skis, dans tes skis !”
Il me tape sur l’épaule, j’écoute mieux.
“Anteeksi, Anteeksi” (Qui se prononce Anne-téééé-ksi et que l’on traduit usuellement par pardon et plus rarement par casse-toi)
Je vois un finnois penché au-dessus de moi avec ses bagages, réclamant juste sa place (alors qu’un siège en face est libre) alors que je venais de m’endormir après 2h30 d’essais infructueux. Ah, le chacal.
À suivre…
Tags : laponie, train, voyage
8 décembre 2007 à 11:10
Concernant 1h10, je crois différemment…
8 décembre 2007 à 11:50
Et pourtant si, j’étais un peu crevé.
9 décembre 2007 à 22:14
Moi je trouve qu’en train couchette on dort très bien…;)
9 décembre 2007 à 22:14
Au fait comment t’as fait pour te séparer de James pendant 5 jours cet été?
9 décembre 2007 à 22:21
Normal, je t’avais chanté une berceuse.
C’est très simple, j’ai fait croire à tout le monde que je ne l’avais pas emporté. Alors que je lui faisais des câlins la nuit, tout seul dans ma tente.
Pourquoi crois-tu que j’avais quatre sacs ?